• 29 septembre 2016

Gardez le corps à l’esprit !

Gardez le corps à l’esprit !

Gardez le corps à l’esprit ! 150 150 Stanton Wallace

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« Il y a plus de raison dans ton corps que dans ta meilleure sagesse. » Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra

Au printemps dernier, Stanton Wallace a été invité à une conférence organisée par SOL France sur le thème « Corps apprenant, corps au travail », sous la direction de Pierre Goirand.

Une excellente occasion de rencontrer tout un réseau de professionnels (chercheurs, consultants, coaches, dirigeants) désireux de partager leur vision et leurs idées, afin de trouver les moyens de bâtir un environnement de travail favorable au corps.

JETER DES PONTS

J’ai rencontré Pierre Goirand lors d’un séminaire d’arts martiaux aux Pays-Bas. Rapidement, nous nous sommes aperçus que nous y étions venus non seulement pour perfectionner nos techniques de combat, mais encore et surtout pour trouver et vivre de nouvelles manières d’appréhender notre corps, la conscience de la corporalité pouvant servir de fondement solide à nos métiers respectifs.

Comment réagit le corps face au danger, ou à l’approche d’un combat ? Comment identifier ces réactions et gérer la situation plus efficacement ? Il a été démontré que le corps est bien plus rapide que l’esprit dans sa perception du danger et dans ses réflexes.

Une fois que nous avons approfondi la conscience que nous avons de notre corps, quels principes mettre en œuvre pour trouver la meilleure solution à une situation donnée ?

Mon expérience des arts martiaux m’a permis de comprendre que, plus que la technique ou la force physique, c’est la capacité à maintenir un certain niveau de relaxation (tant corporelle que mentale) qui nous permet de garder l’esprit clair. C’est le meilleur moyen de gagner en fluidité et en liberté de mouvement, et, partant, d’éviter une situation de crise ou d’en sortir.

Ne pourrions-nous appliquer ces principes martiaux à la vie quotidienne, domestique ou professionnelle ? La conscience d’être un corps et non seulement d’en avoir un ne peut-elle nous aider à résoudre, voire anticiper les problèmes que cause notre environnement professionnel ?

TRAVAILLER AVEC LE CORPS ?

A bien y songer, il n’est pas nécessaire de se battre pour ressentir, dans notre corps, les manifestations du stress.

Pourtant, qui pense spontanément à mobiliser son corps pour préparer une négociation compliquée ou pour résoudre un problème aux enjeux stratégiques ?

La stratégie, dans le monde du travail tel que nous le connaissons, est affaire d’esprit. C’est tellement vrai que certains candidats que nous rencontrons vont jusqu’à parler de « judo intellectuel ».

Pour autant, à considérer une carrière comme un processus au long terme, on ne devrait pas faire l’impasse sur la pression que l’on inflige au corps, laquelle a des répercussions négatives, voire catastrophiques.

Depuis la création de Stanton Wallace il y a 15 ans, nous avons été les témoins privilégies des effets néfastes du stress sur nos interlocuteurs. Ces cinq dernières années, nous avons pu constater l’augmentation significative du nombre de burnouts.

POURQUOI PARLER DU CORPS DANS LE MONDE DU TRAVAIL ?

La réponse est simple : parce qu’il y a une forte corrélation entre le bien-être (le fait d’être heureux, en bonne santé, de rencontrer le succès) et la performance.

De fait, c’est par le corps en premier lieu que passe le bien-être – un concept trop longtemps négligé dans l’environnement professionnel, tout particulièrement dans le secteur des services, où la valeur ajoutée est d’abord intellectuelle.

Mais quoi que l’on puisse en penser, c’est d’abord notre corps qu’affecte notre activité professionnelle, à tous niveaux, que nous demeurions en position assise à un bureau ou que nous transportions des charges lourdes.

Au début, la somatisation, c’est-à-dire la répercussion physique de notre état psychique, peut être légère. Elle se manifeste par exemple par des tensions musculaires, des sensations d’asphyxie ou d’oppression, des troubles de la vision ou des troubles du sommeil, etc. Pourtant, s’ils ne sont pas pris en compte, ces symptômes peuvent être les signes avant-coureurs d’un burnout.

« JE SUIS CORPS TOUT ENTIER ET RIEN D’AUTRE » (Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra)

Avoir conscience que l’on est un (corps et esprit) est la première étape pour atteindre la fluidité ; retrouver l’harmonie intérieure afin d’interagir harmonieusement avec autrui et son environnement. C’est là le meilleur moyen d’atteindre à l’efficience durable.

« Notre manière de nous asseoir et de nous tenir peut agir sur notre manière de parler et de penser », dit ainsi Wendy Palmer, coach et créatrice du concept de leadership embodiment.

C’est en apprenant à développer la conscience que nous avons de notre corps, à désamorcer le stress en nous, que nous pourrons augmenter nos capacités de concentration et de réflexion, ainsi que notre aptitude à gérer la pression.

L’ouverture, dans les gestes et les mouvements, est non seulement un signe visible d’ouverture intellectuelle, mais encore un outil qui la favorise et nous permet d’être qui nous sommes vraiment.

VERS UNE HARMONIE INTÉRIEURE

Chez Stanton Wallace, nous croyons que ces principes s’appliquent tout autant aux individus qu’aux organisations : ce qui touche une cellule affecte tout l’organisme.

Nous faisons le pari que le sens et le plaisir favorisent la performance durable ; qu’un environnement professionnel harmonieux permet à une équipe ou à une organisation d’être plus agile et résiliente.

Tout commence par une prise de conscience individuelle, indispensable à une mise en mouvement collective, en n’oubliant jamais de garder le corps à l’esprit.

Pierre Antonini et Hubert Darbon